La psychologie positive, une révolution nécessaire | Série concepts de psychologie positive

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7 min readOct 27, 2020

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Auteure : Catherine Cimon-Paquet

Ce billet de blogue a été révisé par Macilia Abou et Cecilia Marie Chaymâa Ezzahraoui, édité par Rémi Thériault.

Dans cette série Concepts de psychologie positive, nous vous ferons découvrir différents aspects de la psychologie positive et nous vous présenterons différentes pratiques basées sur la science, qui vous permettront d’augmenter votre bien-être.

La psychologie positive est un domaine d’étude scientifique qui porte sur les forces des individus et des communautés ainsi que sur leur fonctionnement optimal. Depuis les vingt dernières années, cette discipline prend beaucoup d’ampleur. Notamment, plusieurs études issues de la psychologie positive indiquent que des pratiques basées sur la pleine conscience, la gratitude et les forces des individus permettent d’augmenter notre niveau de bien-être et de diminuer nos niveaux de dépression, d’anxiété et de stress (1, 2).

L’essor récent de la psychologie positive a entraîné une certaine révolution dans le domaine de la psychologie. En l’an 2000, Martin Seligman et Mihaly Csikszentmihalyi, deux chercheurs américains, ont mis en lumière la nécessité d’étudier les aspects de la vie qui font qu’elle vaut la peine d’être vécue. Depuis la publication de leur article scientifique dans la revue American Psychologist (3), de nombreux scientifiques ont entrepris des études en psychologie positive afin de mieux comprendre ce qui rend les gens heureux. En effet, la santé ne se définit pas seulement par l’absence de maladie, mais bien par un état complet de bien-être physique, mental et social (4).

La santé ne se définit pas seulement par l’absence de maladie, mais bien par un état complet de bien-être physique, mental et social.

Crédit photo : Külli Kittus

Afin de mieux comprendre ce qui rend les gens heureux, Christopher Peterson et Martin Seligman ont voulu identifier les forces et vertus communes à tous les êtres humains. Afin de créer cet inventaire de forces de caractère et vertus, Peterson s’est basé sur des textes religieux, politiques et culturels (5). Le manuel rapporte 24 forces et vertus (6), dont la bravoure, l’honnêteté, la spiritualité et l’humour. Ces forces et vertus sont classées en 6 grandes catégories; la sagesse, le courage, l’humanité, la justice, la tempérance et la transcendance. De façon intéressante, des études internationales ont montré que ces forces semblent universelles (7, 8). Chaque personne aurait en elle une diversité de forces et vertus. Plusieurs forces de caractère ont été associées au bonheur, comme l’espoir, l’amour et la gratitude.

Chaque personne aurait en elle une diversité de forces et vertus.

Alors que les forces de caractère servent surtout à avoir une meilleure connaissance de soi, la psychologie positive propose également des manières concrètes d’augmenter son niveau de bonheur. Seligman a notamment proposé plusieurs éléments qui pourraient augmenter notre bien-être psychologique; les émotions positives, l’engagement, les relations interpersonnelles, la quête de sens et l’accomplissement (5, 9).

De nombreuses interventions basées sur la psychologie positive se sont avérées efficaces. Notamment, certaines interventions ont permis de diminuer la dépression, l’anxiété et le stress en plus d’augmenter le niveau de bien-être chez des populations en santé et des populations cliniques, par exemple chez des individus souffrant de cancer, de dépression ou de maladies cardiovasculaires (1, 2).

Les interventions basées sur la psychologie positive entraînent plusieurs bénéfices individuels, mais également des bénéfices pour la société. Par exemple, les individus qui vivent plus de gratitude et ceux qui pratiquent la méditation de pleine conscience, en général ou lors d’interventions, seraient plus portés à adopter des comportements prosociaux (10, 11), qui visent à aider les autres. La méditation de pleine conscience consiste à cultiver une présence attentive (mindfulness), exempte de jugement. Ce type de méditation permet d’être conscient des émotions, des pensées et des sensations que l’on ressent dans le moment présent.

Les individus qui vivent plus de gratitude et ceux qui pratiquent la méditation de pleine conscience seraient plus portés à adopter des comportements prosociaux.

Crédit photo : Erik Brolin

Bien que la psychologie positive porte principalement sur l’augmentation de qualités dites positives, tels que l’optimisme et le bonheur, certains chercheurs ont mis en lumière la présence de la souffrance et de la tristesse dans l’existence humaine (12). La souffrance peut laisser place à l’amour et à la croissance post-traumatique, qui est caractérisée par un changement positif suite à une situation très difficile. Paradoxalement, plus l’amour que l’on ressent envers une autre personne grandit, plus la souffrance engendrée par une potentielle rupture de cette relation augmente également (12). Ainsi, l’amour et la tristesse doivent cohabiter afin d’exister. Il serait donc faux de croire que la psychologie positive ne valorise que les émotions dites positives.

L’amour et la tristesse doivent cohabiter afin d’exister.

Dans le contexte de la pandémie liée à la COVID-19, de nombreux chercheurs étudient la réaction des humains face à cette crise sans précédent. Il s’agit d’une occasion en or d’étudier plus en profondeur la résilience humaine, soit la capacité des êtres humains à surmonter des épreuves difficiles (13). Durant cette période extraordinaire, les connaissances issues de la psychologie positive peuvent nous inspirer à poser des actions qui nous permettront de grandir individuellement et collectivement. Par exemple, nous pouvons profiter de cette période pour nous questionner sur nos forces et nos valeurs tant individuelles que sociétales. Ensuite, nous pouvons réfléchir aux meilleures façons d’utiliser nos forces pour traverser cette épreuve collective qu’est la pandémie actuelle.

Les connaissances issues de la psychologie positive peuvent nous inspirer à poser des actions qui nous permettront de grandir individuellement et collectivement.

Crédit photo : Helena Lopes

Dans les prochains billets de blogue du Programme d’ambassadeurs étudiants de l’Association canadienne de psychologie positive, nous aborderons plus en détail certains concepts, comme la gratitude, l’altruisme, la persévérance et la résilience, qui permettent d’augmenter notre niveau de bonheur et de mettre en pratique les connaissances issues de la recherche en psychologie positive.

Merci d’avoir pris le temps de lire cet article. Si vous avez des questions ou désirez avoir des suggestions de lectures sur la psychologie positive, vous pouvez me joindre au cimon_paquet.catherine@courrier.uqam.ca. Enfin, si vous n’êtes pas encore membre de l’Association canadienne de psychologie positive, je vous invite chaleureusement à vous joindre à notre merveilleuse communauté!

Références citées dans le texte

  1. Chakhssi, F., Kraiss, J. T., Sommers-Spijkerman, M., & Bohlmeijer, E. T. (2018). The effect of positive psychology interventions on well-being and distress in clinical samples with psychiatric or somatic disorders: A systematic review and meta-analysis. BMC Psychiatry, 18(1), 211.
  2. Hendriks, T., Schotanus-Dijkstra, M., Hassankhan, A., de Jong, J., & Bohlmeijer, E. (2019). The efficacy of multi-component positive psychology interventions: A systematic review and meta-analysis of randomized controlled trials. Journal of Happiness Studies, 1–34.
  3. Seligman, M. E. P., & Csikszentmihalyi, M. (2000). Positive psychology: An introduction. American Psychologist, 55(1), 5–14.
  4. Preamble to the Constitution of WHO as adopted by the International Health Conference, New York, 19 June — 22 July 1946; signed on 22 July 1946 by the representatives of 61 States (Official Records of WHO, no. 2, p. 100) and entered into force on 7 April 1948. The definition has not been amended since 1948.
  5. Seligman, M. E. (2019). Positive psychology: A personal history. Annual Review of Clinical Psychology, 15, 1–23.
  6. Peterson, C., & Seligman, M. E. P. (2004). Character strengths and virtues: A handbook and classification. American Psychological Association; Oxford University Press.
  7. Niemiec, R. M. (2013). VIA character strengths: Research and practice (The first 10 years). In Well-being and cultures (pp. 11–29). Springer.
  8. Nansook Park , Christopher Peterson & Martin E. P. Seligman (2006) Character strengths in fifty-four nations and the fifty US states, The Journal of Positive Psychology, 1(3), 118–129.
  9. Seligman, M. (2018). PERMA and the building blocks of well-being. The Journal of Positive Psychology, 13(4), 333–335.
  10. Donald, J. N., Sahdra, B. K., Van Zanden, B., Duineveld, J. J., Atkins, P. W., Marshall, S. L., & Ciarrochi, J. (2019). Does your mindfulness benefit others? A systematic review and meta‐analysis of the link between mindfulness and prosocial behaviour. British Journal of Psychology, 110(1), 101–125.
  11. Ma, L. K., Tunney, R. J., & Ferguson, E. (2017). Does gratitude enhance prosociality?: A meta-analytic review. Psychological Bulletin, 143(6), 601–635.
  12. Lomas, T., & Ivtzan, I. (2016). Second wave positive psychology: Exploring the positive–negative dialectics of wellbeing. Journal of Happiness Studies, 17(4), 1753–1768.
  13. Masten, A. S. (2001). Ordinary magic: Resilience processes in development. American psychologist, 56(3), 227–238.

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